HISTORIQUE DE L ECOLE NOTRE DAME


Sous la Restauration, un ministère de l'Education publique fût fondé. De 30 000 écoles en 1829, on comptait 60 000 en 1848. En 1833, la loi Guizot créa une école primaire dans chaque lieu d'arrondissement. Elle maintient l'instruction religieuse au sein de l'école publique et la légalité des écoles privées. En 1850, la loi Falloux obligea les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école primaire pour filles.

 
1851 : CREATION ECOLE NOTRE-DAME

Le curé de Ligné, M. MICHON, achète le terrain de la Petite Cure (Route de Nantes, près du terrain de foot) pour bâtir une école de filles.
L'alphabétisation des campagnes a encore beaucoup de progrès à faire :

  Loire Inférieure France
Conscrits sachant lire (1846-1850) 47,5 % 64%
Conscrits ayant signé leur contrat de
mariage (1854-1855)
hommes 54,9% 68,4%
femmes 29,2% 52,6%

Trois obstacles concourent à l'absentéisme scolaire :
* étendue des communes : l'école, placée au chef-lieu est inabordable en hiver pour les jeunes enfants des hameaux
* coût de la scolarité : achat des livres et fournitures
* besoin de main d'oeuvre lors des travaux agricoles à la belle saison

 
1861 : INSTALLATION DES SŒURS DE SAINT-GILDAS

Dans l'ensemble du département, l'enseignement féminin est en majorité géré par des religieuses. La congrégation des Soeurs de l'Institution Chrétienne de Saint-Gildas des Bois fût fondée en 1820 par le prêtre Gabriel DESHAYES et Michelle GUILLAUME, pour lutter contre l'ignorance humaine et religieuse des campagnes et apporter des soins aux malades pauvres. Les programmes comprenaient des enseignements en sciences, en histoire et en géographie, parallèlement à l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et du calcul.

 
1864 : AGRANDISSEMENT ECOLE

L'Abbé Honguet achète plusieurs parcelles (chemin de la salle) pour y faire construire une classe et une maison.
Les lois Jules Ferry (1879-1882) rendent l'école publique obligatoire, gratuite et laïque. Elles remplacent l'instruction religieuse par l'instruction morale et civique. La loi sur les associations de 1901 soumet l'existence des écoles congréganistes à l'autorisation de l'Etat qui refuse systématiquement.

 
1907 : SEPARATION DE L'EGLISE ET DE L'ETAT

L'école Saint-Joseph reste propriété de l'Eglise. L'école des filles est réquisitionnée par l'Etat. Mais l'application de la loi de 1904 est suspendue au début de la 1º guerre mondiale.

 
1909 : INAUGURATION ECOLE NOTRE-DAME

La nouvelle école des filles est placée sous le patronage de Notre-Dame de Lourdes. Les soeurs de Saint-Gildas sont chargées de l'instruction. Elles accueillent les filles de 7 à 13 ans. L'obtention du certificat d'études marque la fin des études primaires et le passage à la vie active pour la plupart des enfants.
Les lois de Marie et Barangé de 1951 accordent aux écoles privées le bénéfice des bourses et subventions.

 
1940-44 ACCUEIL DES REFUGIES

Pendant la 2 ºguerre mondiale, l'école accueille les enfants des réfugiés fuyant les bombardements de Nantes.

 
1955 : AGRANDISSEMENT DE l'ECOLE

L'école était trop petite. Mr François du Rusquec (maire de Ligné de 1925 à 1954) offrit un vaste terrain. Pour enclore cette cour, l'abbé Chantreau, aidé d'équipes de paroissiens creusèrent des fondations et fabriquèrent des parpaings. Les trois maçons du pays, messieurs DEHOUX, LELOUP et LERMITE édifièrent le mur.

 
1962 : CLASSE PREFABRIQUEE

Des parents se réunissent pour obtenir l'ouverture d'une 6ème. Après des discussions avec la Direction diocésaine de l'enseignement et des contacts avec les paroisses voisines pour compléter le nombre d'élèves, on construit une classe préfabriquée, bénie par Monseigneur PIHOUR le 13 /10/1963.

 
1964 : OUVERTURE DE LA 5 IEME

Pour l'ouverture de la 5ème, le dortoir des Soeurs fut aménagé provisoirement.

 
1968 : GEMINATION DES DEUX ECOLES

Chaque classe accueille garçons et filles du même âge.

 
1970 : GROUPEMENT DES CLASSES PRIMAIRES

Le CEG (collège) Saint-Joseph prenant de l'extension, on décida de regrouper toutes les classes du primaire à l'école Notre-Dame. La communauté Saint-Gildas participa financièrement à l'aménagement du logement des soeurs, avec chambre individuelle, salle de bains et chauffage central. On installa le chauffage dans toutes les classes.

 
1976 : CREATION DE L'ECOLE MATERNELLE

A la demande des parents, une classe maternelle est construite. Soeur Saint-Jean Bachelier étant nommée à Malville, Soeur Renée Dupont la remplace et supervise la construction de deux nouvelles classes pour recevoir les enfants des familles établies au lotissement des Jaunaies.

 
2003 : CONSTRUCTION DE LA NOUVELLE ECOLE RUE JULES VERNE
La vente de l'école -Rue du Souvenir- à Mr Besnard pour y construire une grande surface et deux emprunts cautionnés par la Fondation La Providence, permettent la construction d'une école comportant 10 classes ( ouverture de la 11ème classe dans la bibliothèque en 2004), une salle des professeurs, une salle pour le soutien scolaire, une grande salle de motricité. L'école sera inaugurée le 24 avril 2004 en présence de Monsieur Le Maire, Monsieur l'Abbé Bonhommeau, Mr Boucheaud, Directeur Diocésain, Mr Lesot, Directeur de l'école, l'équipe enseignante, le personnel, de nombreux parents et de leurs enfants.

 

2010 : INAUGURATION DU NOUVEAU BÂTIMENT
Ce nouveau bâtiment accueille aujourd'hui deux classes.

 

 

SOUVENIRS

 
SOUVENIR D'ANTOINETTE 1942-1949

Nous allions à l'école à pied et nous faisions 9 km par jour. Le midi, je mangeais chez une amie à ma mère qui habitait dans le bourg.
A la récréation , on jouait à la marelle ou à la corde à sauter.
Il y avait trois classes pour des enfants de 6 à 14 ans. La dernière année, on devait passer le certificat d'études. J'allais à l'école du lundi au samedi sauf le jeudi. Je me rappelle que nous étions nombreuses car il y avait des réfugiées. J'étais à l'école pendant la guerre.
Je n'aimais pas beaucoup l'école surtout le français et l'histoire mais j'avais de bonnes notes en géographie et en calcul.
L'école était chauffée avec des poêles à bois. Nous prenions le bois dans la scierie qui se trouvait à coté de l'école. On faisait la chaîne pour passer les bûches et les stocker à l'abri dans l'école.
Il ne fallait pas bavarder en classe sinon on risquait de recevoir un coup de baguette sur les doigts.

 
SOUVENIR DE CAMILLE 1939-1946

Je suis allée à l'école pendant la guerre. On avait des tickets pour obtenir des bonbons ou du chocolat.
J'habitais au Puits Salé et j'allais à l'école à pied (3 à 4 kms) en galoches (chaussures à semelles de bois). Quand il gelait, on passait à travers champs.
On apportait à manger dans une timbale en alu. On mangeait une soupe le midi et du pain. Nous étions sous le préau. L'hiver, on se réchauffait au poêle à bois. On jouait à la corde à sauter ou aux " pierrettes " : on jetait des petites pierres en l'air qu'on devait rattraper.
Je me rappelle de Sœur Agnès qui avait la cornette. Les sœurs décidaient de nous présenter au certificat. Les parents n'avaient pas le temps de s'occuper de nous et faisaient confiance aux sœurs.
J'aimais beaucoup les travaux manuels comme le tricot ou la broderie et aussi l'écriture. Je détestais l'histoire. On faisait des blouses dans des rideaux. On avait une blouse pour l'école et une blouse pour la ferme.

 
SOUVENIR DE MONIQUE 1949-1957

J'allais à l'école à pied avec mes sœurs et notre voisin Daniel. Pour aller plus vite, nous chantions " 1 km à pied, ça use, ça use … ". Nous marchions beaucoup à l'époque car nous avions un vélo pour 6. Mais nous aimions nous amuser en chemin.
Je me rappelle de Sœur Francis et Sœur Dominica ainsi que de Mme Letort et Mme paulette Delaunay.
On devait réciter par cœur, à un mot près, les leçons de grammaire, de géographie, d'histoire, de sciences et d'évangile. Mais je préférais le calcul. J'ai eu le premier prix pendant 5 ans.
Pendant les récréations, on jouait à " chat perché ", à la corde à sauter ou à la marelle. Quand il faisait très froid, on faisait le tour de la cour.
Pendant la dernière année de l'école, je devais effectuer un travail de couture (coussin brodé, ou napperon etc…). De même, pour le certificat d'études, on devait faire soit un travail de couture, soit un dessin, soit réciter ou chanter.

 
SOUVENIR DE MARIE-ANNE 1953-1962

J'allais à l'école à pied ou à vélo. J'habitais à 4 Kms du bourg. Je me rappelle de cet hiver 1954 très rude. On descendait de vélo pour se réchauffer les mains. Mais quand on arrivait en classe, on devait attendre pour se chauffer au poêle.
Je me rappelle de Sœur Eugénie la cuisinière de l'école. Elle nous donnait un " pain d'ange " lorsque nous étions de corvée de balayage ou de vaisselle.
Les sœurs avait un appartement au premier étage de l'école Notre-Dame rue du souvenir. Nous étions si nombreuses qu'elles avaient réquisitionné une de leur chambre pour en faire une salle de classe.
J'aimais le français surtout la conjugaison et les rédactions. Le samedi après-midi était consacré à des travaux manuels comme la broderie ou le tricot.
Le premier vendredi de chaque mois, tous les enfants en âge de communion allaient à la messe. On devait porter un béret basque pour aller à l'église. La messe était ½ heure avant la classe.
Il y avait 3 divisions par classe. On restait à l'école jusqu'à 14 ans pour passer le certificat d'études. Ensuite, on était dirigé vers l'école ménagère ou le lycée pour celles qui avait les moyens de payer un internat. Les sœurs m'ont toujours soutenue dans mon travail à l'école.
Si on faisait une bêtise, on pouvait être " mise au coin " ou recevoir un coup de bambou sur les doigts ou la tête.
Un jour, Sœur Dominica découvre une grande flaque d'eau près du poêle à bois. Elle avait l'habitude de mettre une boîte d'eau sur le poêle pour humidifier l'air. Elle pensait que l'une d'entre nous l'avait renversée. Toute la classe a été punie et nous devions écrire 100 fois " je dois me dénoncer quand je fais une bêtise ". Au bout d'une demi-heure, elle s'aperçoit que la boîte fuyait…
Pendant les récréations, on jouait à la marelle, aux osselets ou à la corde à sauter.

 
SOUVENIR DE MARLENE 1971-1977

Je suis allée à l'école à partir de la grande section. Je me rappelle de Sœur Marie-Solange et Sœur Marie-Agnès. Sœur Marie-Renée faisait l'enseignement au CM2.
Les sœurs avaient le voile et la blouse était encore obligatoire jusqu'en CM2.Le catéchisme, aussi était obligatoire. A cette époque, tous les enfants en âge de communier faisaient leur communion.
La cantine était dans la salle d'accueil péri-scolaire de l'ancienne école rue du souvenir. Les sœurs nous faisaient à manger. Il y avait une trentaine d'enfants. On avait toujours du potage à l'entrée et on réciter une prière avant de manger.
En ce qui concerne les punitions, on nous tirait les oreilles si on avait fait une grosse bêtise sinon on devait copier 100 fois une phrase.

 
SOUVENIR DE DENIS 1973-1980

Je me rappelle de Melle Denise en CE1, de Mr Joël car il tirait les oreilles à ceux qui désobéissaient et Melle Fernande car elle était sévère mais juste et droite.
A l'école je préférais dessiner que d'apprendre le français.
Je me rappelle qu'on faisait des parties de football dans la cour qui n'était pas encore bitumée. On avait beaucoup de poussière l'été et on marchait dans la boue l'hiver.
J'aimais également jouer aux billes qui étaient en terre cuite. On devait les mettre dans un rond et on tirait dedans avec un boulet.
On jouait également à " bigote ". On devait porter un camarade sur son dos et on s'amusait à se pousser. Le premier qui était tombé, avait perdu.
Lorsque j'étais en Grande Section, un camarade et moi avions bavardé pendant la sieste. Pour nous punir, la maîtresse nous avait envoyés dans la classe de CM1, dans laquelle se trouvait mon grand frère, pour dormir sur l'estrade. Je n'ai pas fait de sieste ce jour là

 
SOUVENIR DE JACQUELINE

On récitait un prière au début et à la fin de la classe mais aussi avant chaque récréation et avant de sortir le midi . On étudiait le catéchisme avec la Sœur tous les matins et une fois par semaine avec Monsieur Le Curé.
Je me rappelle des enseignantes :
- Sœur Saint-Jean pour les classes de CM1-CM2 et certificat d'études
- Mademoiselle Marie-Jospeh pour les classes de CE1-CE2
- Mademoiselle Fernande pour les C.P.
- Sœur Marie-Renée pour les maternelles
- Sœur Eugénie était cuisinière
La classe était chauffée par un poêle à bois. Le samedi après-midi était réservé aux travaux manuels. La couture était obligatoire. Lorsque nous avions terminé notre travail, nous avions le droit de faire un canevas ou de la broderie.
Sœur Saint-Jean jouait de temps en temps de l'harmonium.
Tous les jours, on faisait du calcul mental après le repas, sur une ardoise avec une craie.
J'écrivais très mal. Pour perfectionner mon écriture, Sœur Saint-jean m'avait envoyée en maternelle pour écrire sur des cahiers de maternelle pendant les récréations. J'étais très vexée.
On devait faire une composition écrite toutes les semaines. La meilleure d'entre nous recevait une médaille (ou plutôt une croix) et les parents devaient nous mettre un beau ruban. On ressentait une certaine fierté à ce moment là.
En fin d'année, il y avait une distribution de prix pour les meilleures élèves : on recevait des livres de La Comtesse de Ségur, des BD " Fripounet et Marisette " etc.…On assistait au spectacle de fin d'année dans la salle de patronnage (danse). Une fois, Sœur Saint-Jean avait reconstitué une classe de 1935.
Je me rappelle que Monsieur Le curé nous projetait des films comme " Jeanne d'Arc ". Cependant, il coupait la bande son lorsqu'il estimait que certains mots pouvaient nous choquer.
L'école était stricte. Il était interdit de mettre du vernis à ongles. Mais Sœur Saint-Jean avait trouvé du vernis. Elle nous avait toutes rassemblées dans la cour de récréation et nous avait fait un sermon en nous disant que mettre du vernis c'était être une dévergondée.